
Photo illustration d'Internet par Merriam-Webster
L'économie réelle ralentit, la cybercriminalité prospère
2009 pourrait être l'année de tous les dangers pour les internautes. Virus, cheval de Troie et autres « logiciels malicieux » prolifèrent malgré le déploiement d'un impressionnant arsenal de sécurité. Les téléphones mobiles et les réseaux sociaux de type Facebook, MySpace sont à leur tour menacés.
Les éditeurs de logiciels antivirus Symantec, McAfee, Trend Micro, Kaspersky Lab, Check Point Software, Panda Security ou encore Sophos prédisent tous une cybercriminalité en nette augmentation cette année. C'est à se demander s'ils n'annoncent pas le pire pour mieux vendre... En réalité, les menaces de piratage sur Internet sont toujours plus nombreuses et mutent pour tenter de contourner tout l'arsenal des antivirus, antilogiciels espions et autres pare-feu censés protéger nos ordinateurs des cyberdélinquants.
L'année 2009 pourrait bien être celle de tous les dangers. Selon les experts en sécurité informatique, les 32 millions d'internautes et les 56 millions de « mobinautes » français sont devenus la cible de cette économie « souterraine » ou « parallèle ». De faux logiciels de sécurité sont même proposés dans la foulée de fausses alertes alarmistes s'affichant à l'écran. « Les internautes seront plus que jamais exposés en 2009 », affirme Magnus Kalkuhl, analyste en virologie chez Kaspersky Lab.
Les cybercriminels veulent s'emparer par tous les moyens illégaux - notamment par la technique d'« hameçonnage » ou « phishing » - des données confidentielles, personnelles ou bancaires des consommateurs, voire usurper des identités. Ils tentent aussi d'aiguiller les internautes, à leur insu, vers d'autres pages Web pièges. Il s'agit par exemple de les amener à cliquer sur des liens hypertextes truqués ou à télécharger des « malwares », ces logiciels malveillants écrits dans des « codes malicieux ».
L'iPhone visé par les hackers
Comme les ordinateurs, les téléphones mobiles sont à leur tour la proie de pirates informatiques. L'iPhone d'Apple, l'Android de Google et les autres « smartphones » seront les nouvelles victimes de l'année 2009. L'Internet mobile présente des failles et les hackers vont s'engouffrer dans la brèche, via SMS et MMS. Après les PC, les mobiles et les consoles de jeux risquent de devenir à leur tour des « zombies », comprenez des terminaux contrôlés à distance par des pirates du Net.
La technologie mobile dite « sans contact » (HFC) et les puces communiquant par radiofréquences (RFID) ne seront pas épargnées. De passage à Paris le mois dernier, Raimund Genes, le gourou « anti-malware » de Trend Micro, a prévenu que le Web 2.0 est devenu une cible prioritaire des pirates informatiques. Ces derniers s'immiscent dans les navigateurs Web, les animations flash, les diffusions de type « streaming » ou encore les systèmes d'exploitation.
« La diffusion de codes malicieux ne se fera quasiment plus par e-mails en 2009. Cependant, la majorité des menaces sera toujours transmise par Internet. Il faut désormais compter sur les sites de socialisation comme Facebook ou MySpace, où l'on vole les identités », met en garde Magnus Kalkuhl.
Les logiciels antivirus semblent dépassés. Celui de Microsoft, qui sera diffusé gratuitement cette année, fera-t-il mieux ? Rien n'est moins sûr, même si, pour combattre le crime par le crime, les grands éditeurs de logiciels antivirus s'attachent de plus en plus les services de hackers plus ou moins repentis. Particulièrement visés par les pirates, les entreprises tentent évidemment de se protéger au-delà du simple « fire wall ».
Selon le Club de la sécurité de l'information français (Clusif), qui a dressé vendredi un « panorama de la cybercriminalité 2008 » sans se risquer à en évaluer l'ampleur « faute de statistiques fiables », le budget moyen consacré par les entreprises françaises à leur sécurité informatique est en moyenne de 1,9 million d'euros. Et une étude plus globale de Forrester prévoit que les budgets de sécurité informatique des grandes entreprises devraient grimper cette année à 12,6 % des dépenses consacrées aux systèmes d'information. Suffisant ?
Charles Laubier , Les Echos, 19 janvier 2009
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